





























Hadeeth Cards
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Abû Hurayrah (qu'Allah l'agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Il n’est pas un homme musulman qui ait fréquenté les mosquées pour la prière et l’évocation, sans qu'Allah ne se réjouisse à son sujet comme se réjouissent les membres de la famille d’un absent lorsqu’il revient parmi eux. »
Rapporté par Ibn Mâjah - Rapporté par AḥmadAllah, Exalté soit-Il, est satisfait et se réjouit du musulman fréquentant assidûment les mosquées dans le but d'y prier et d’évoquer, tout comme se réjouissent les membres de la famille d’un absent lorsqu’il revient parmi eux. Néanmoins, il n'est pas permis d'interpréter l'attribut de la joie d'Allah par le fait qu'Il soit doux et miséricordieux ou autre chose. En effet, il est obligatoire de reconnaître cet attribut à Allah, Exalté soit-Il, sans falsification, sans négation, sans s'interroger sur le comment des choses ou en recourant à des comparaisons. Par contre, il ne fait aucun doute que la joie implique nécessairement la douceur et la miséricorde. Et Allah est le plus Savant.
Abû Mûsâ Al-Ash’arî (qu’Allah l’agrée) relate d’une manière remontant au Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) que celui-ci a dit : « Lorsque viendra le Jour de la Résurrection, Allah remettra à chaque musulman un Juif ou un Chrétien en disant : " Voici ton affranchissement de l’Enfer ! " » Et dans une autre version : « Le Jour de la Résurrection, des gens parmi les musulmans viendront avec des péchés de la taille des montagnes, mais Allah leur pardonnera et en chargera les Juifs et les Chrétiens. »
Rapporté par MuslimLa signification de ce hadith est expliquée par le hadith rapporté par Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) : « Chacun d’entre vous possède une place au Paradis et une autre en Enfer. Lorsque le croyant entre au Paradis, le mécréant prend ainsi sa place en Enfer, car il la mérite étant donné sa mécréance. » En effet, le sens du mot : « affranchissement » signifie que tu étais susceptible d'entrer en Enfer, mais ceci fut ta délivrance, car Allah, Exalté soit-Il, a destiné pour l’Enfer un nombre déterminé qui le remplirait. Par conséquent, lorsque les mécréants y pénètrent à cause de leurs péchés et de leur mécréance, ils en deviennent ainsi un affranchissement pour les musulmans. Et Allah est le plus Savant !
Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Nul n'a parlé au berceau, excepté trois : Jésus fils de Marie et le compagnon de Jurayj. Jurayj était un dévot qui s’était retiré dans une tour. Alors qu’il était dans sa tour, sa mère arriva juste au moment où il était en prière. Elle l’appela : " Ô Jurayj ! " Il se demanda : " Ô Seigneur ! Dois-je répondre à ma mère ou continuer ma prière ? " Mais il poursuivit sa prière et sa mère s’en alla. Le lendemain, elle revint le voir alors qu’il priait. Elle l’appela de nouveau : " Ô Jurayj ! " Il s’interrogea encore : " Ô Seigneur ! Dois-je répondre à ma mère ou dois-je continuer à prier ? " Mais, une fois de plus, il préféra poursuivre sa prière et sa mère rebroussa chemin. Le troisième jour, la même scène se produisit : elle l’appela encore. Occupé par ses prières, il s’est demandé une nouvelle fois : " Ô Seigneur ! Dois-je répondre à ma mère ou dois-je continuer ma prière ? " Mais, une fois encore, il continua sa prière. Toutefois, cette fois-ci, sa mère s’est exclamée : " Ô Seigneur ! Ne le fais pas mourir avant de lui faire voir le visage des prostituées ! " Un jour, alors que les fils d’Israël parlèrent de Jurayj et de sa dévotion, il y avait parmi eux une prostituée d’une grande beauté. Elle leur proposa : " Voulez-vous que je le séduise ? " Elle vint à sa rencontre et l’aborda mais il ne lui prêta aucune attention. Elle alla trouver un berger qui habitait et vivait non loin de la tour de Jurayj et s’offrit à lui. Elle tomba enceinte, puis, lorsque l’enfant naquit, elle déclara : " C’est le fils de Jurayj ! " Les gens vinrent, firent descendre Jurayj de sa tour, qu’ils démolirent, puis commencèrent à le rouer de coups. " Que vous arrive-t-il ? s’exclama-t-il. - Tu as commis la fornication avec cette prostituée et de votre relation est né un enfant ! répondirent-ils. - Où est le bébé ? " demanda-t-il. Ils lui apportèrent l’enfant. Jurayj leur demanda alors : " Laissez-moi d’abord accomplir ma prière ! " Quand il eut terminé, il alla vers le bébé, le frappa au ventre, puis il lui demanda : " Qui est ton père ? - Le bébé répondit : C’est Untel, le berger ! " Alors, tous les gens se dirigèrent vers Jurayj qu’ils embrassèrent et touchèrent [à la recherche de sa bénédiction] puis, ils lui proposèrent : " Nous te reconstruirons ta tour en or ! " Mais, il leur répondit : " Non, reconstruisez-la simplement en argile, comme avant ", ce qu’ils firent. » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) poursuivit : « Un élégant cavalier, sur une monture de grande valeur, passa devant un bébé qui tétait le sein de sa mère. Elle dit alors : " Ô Allah ! Fais que mon fils lui ressemble ! " Le bébé lâcha le sein, se tourna vers l’homme, le regarda puis dit : " Ô Allah ! Fais que je ne lui ressemble pas ! " et il reprit le sein. » Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) a dit : « C’est comme si je voyais le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) sucer son index, imitant ainsi la tétée de l’enfant. » Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) poursuivit : « Ils passèrent devant une jeune femme que des gens rouaient de coups en lui criant : " Tu as forniqué et volé ! " Mais, elle leur répondait : " Allah me suffit et Il est le meilleur Garant ! " La mère s’exclama alors : " Ô Allah ! Fais que mon enfant ne lui ressemble pas ! " Le bébé lâcha le sein, regarda en direction de la femme puis dit : " Ô Allah ! Fais que je lui ressemble ! " Une conversation s’engagea alors entre la mère et son enfant. Elle dit : " Un homme de belle allure est passé et j’ai alors dit : Ô Allah ! Fais que mon enfant lui ressemble ! Mais, toi, tu as dit : " Ô Allah ! Fais que je ne lui ressemble pas ! " Puis, nous sommes passés à côté d’une femme que l’on battait en lui reprochant : " Tu as forniqué et volé ! " Et j’ai dit : " Ô Allah ! Fais que mon enfant ne lui ressemble pas ! " Mais, toi, tu as rétorqué : " Ô Allah ! Fais que je lui ressemble ! " L’enfant répondit : " L’homme à la belle allure était un tyran, j’ai donc dit : Ô Allah ! Fais que je ne lui ressemble pas ! Quant à la femme, elle fut accusée de commettre la fornication et de voler alors qu’elle était innocente de tout cela, j’ai donc dit : Ô Allah ! Fais que je lui ressemble ! " »
Rapporté par Al-Bukhârî et MuslimAbû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate qu'il a entendu le Prophète (sur lui la paix et le salut) dire : « Nul n’a parlé au berceau excepté trois. » Et ce qui est voulu ici, c'est indiquer qu'ils étaient encore des nourrissons. Premièrement : Jésus fils de Marie (sur lui la paix) qui était un signe parmi les signes d’Allah car il a parlé alors qu’il était au berceau. Deuxièmement : Le nouveau né dans l'histoire de Jurayj le dévot. Allah a innocenté Jurayj de l’accusation de fornication que les gens ont voulu lui attribuer en lui donnant ce signe comme un miracle pour lui. En effet, l’enfant qui résulta de la fornication de la prostituée se mit à parler, malgré son très jeune âge et innocenta ainsi Jurayj. Troisièmement : L’enfant qui tétait sa mère alors qu’un homme de belle allure et bien habillé passa sur une splendide monture. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) évoqua l’allaitement du sein de sa mère en suçant son index pour imager de façon réaliste la scène. Cet enfant dit : « Ô Allah ! Fais que je ne sois pas comme cet homme ! » Ensuite, un groupe d’hommes se réunirent autour d’une jeune fille qu’ils rouaient de coups en l’accusant d’avoir forniqué et volé, mais elle se contentait de leur dire : « Allah me suffit et Il est le meilleur Garant ! » La mère de l’enfant dit alors : « Ô Allah ! Fais que mon fils ne soit pas comme elle ! » L’enfant s’arrêta de téter, regarda la jeune fille et dit : « Ô Allah ! Fais que je sois comme elle ! » C’est alors qu’une discussion s’engagea entre sa mère et lui. Celle-ci dit : « Un homme à la belle apparence est passé, alors j’ai dit : " Ô Allah ! Fais que mon fils soit comme lui ! " Mais tu as rétorqué : " Ô Allah ! Fais que je ne sois pas comme lui ! " Puis, des gens passèrent avec cette jeune fille qu’ils frappaient en lui disant : " Tu as forniqué et tu as volé ! " Mais, elle ne faisait que répéter : " Allah me suffit et Il est le meilleur Garant ! " Alors, j’ai dit : " Ô Allah ! Fais que mon fils ne soit pas comme elle ! " Mais, toi, tu as répondu : " Ô Allah ! Fais que je sois comme elle ! " » C’est-à-dire : pur et écarté de la fornication et du vol en confiant mon affaire à Allah, comme l’a dit cette jeune fille à travers ses paroles : « Allah me suffit et Il est le meilleur Garant ! »
Sa῾îd ibn Jubayr dit : « J'ai dit à Ibn ῾Abbâs (qu’Allah l'agrée, lui et son père) : Nawf Al-Bakâlî prétend que Moïse (Moïse, le compagnon d’Al-Khaḍir) n’est pas celui des Banî Isrâ’îl, mais un autre Moïse. » ‘Abdullah ibn ῾Abbâs (qu’Allah l'agrée, lui et son père) répliqua : « Il a menti, l’ennemi d’Allah ! » Puis, il poursuivit en disant : « Ubay ibn Kaʽb nous a relaté que le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : " Moïse, le Prophète, se leva pour prononcer un discours aux Banî Isrâ’îl, et quelqu’un l’interrogea : Qui est le plus savant des gens ? - C’est moi le plus savant ! répondit-il. " Allah lui reprocha de ne pas Lui avoir attribué le savoir et Il lui révéla : " Certes, l'un de Mes serviteurs, au confluent des deux mers, est plus savant que toi ! - Seigneur, demanda Moïse, comment pourrais-je le rencontrer ? - Prends un poisson dans un panier, et là où tu perdras le poisson, tu le trouveras ! " Moïse se mit alors en route, accompagné de son disciple Yûshaʽ ibn Nûn (Josué), avec un poisson dans le panier. Arrivés près d’un rocher, Moïse et son compagnon y posèrent la tête et s’endormirent. Le poisson se faufila hors du panier et prit son chemin dans la mer ! Ce fut un phénomène merveilleux pour Moïse et son compagnon [plus tard, lorsqu'ils s’en aperçurent]. Ils poursuivirent leur route durant ce jour et la nuit suivante. Au matin, Moïse dit à son compagnon : " Sers-nous notre déjeuner, ce voyage nous a bien fatigués ! " Moïse ne sentit la fatigue que lorsqu’il eut dépassé l’endroit désigné. " Vois-tu, dit son disciple, lorsque nous avons cherché abri auprès du rocher, j’ai oublié de surveiller le poisson ! -C’est bien cela que nous cherchions ! " dit Moïse. Et ils revinrent sur leurs pas. Arrivés au rocher, ils trouvèrent un homme couvert de son vêtement. " Que la paix soit sur toi ! lui dit Moïse. - Et comment se trouverait-il sur ta terre de la paix ? demanda Al-Khaḍir. - Je suis Moïse, s’annonça-t-il. - Le Moïse des Banî Isrâ’îl ? - Oui ! répondit-il. Me permets-tu de te suivre afin de m’initier à cette sagesse que tu tiens d’Allah ? - Tu ne pourras jamais être patient en ma compagnie, répondit l’homme. Ô Moïse ! J’ai acquis un savoir de la part d’Allah que tu ignores, et tu as un savoir de la part d’Allah que j’ignore ! - Moïse dit : Tu me verras, s’il plaît à Allah, bien constant et soumis à tes ordres. " Ils firent route ensemble au bord de la mer mais ils ne disposaient pas de barque. Une barque vint à passer. Ils demandèrent aux marins de les prendre. Ayant reconnu Al-Khaḍir, ils les embarquèrent gratuitement. Un oiseau se posa sur le bord de la barque, plongea le bec une ou deux fois dans la mer, alors Al-Khaḍir dit à Moïse : " Nous n'avons pris, toi et moi, du savoir d’Allah que ce que cet oiseau vient de prélever de la mer par son bec ! " C’est alors qu’Al-Khaḍir arracha, à dessein, une planche de l’embarcation ! " Comment te conduis-tu ainsi ? Des gens qui nous ont transportés bénévolement et tu endommages leur barque pour les noyer ? dit Moïse. - Ne t’ai-je pas prévenu que tu perdrais vite patience en ma compagnie ? - Ne me tiens pas rigueur de mon oubli ! " dit Moïse. Ce fut la première omission de Moïse. Sur ce, ils reprirent leur chemin. Al-Khaḍir surprit un enfant qui jouait avec ses camarades. Il le prit par la tête et la lui arracha ! Moïse s’exclama : " Tu as tué un enfant innocent qui n’a pas commis de meurtre ? - Ne t’ai-je pas dit que tu perdrais vite patience à mes côtés ? " Ce fut là un avertissement plus sévère de la part d’Al-Khaḍir à Moïse, dit Ibn ῾Uyaynah. Ils poursuivirent leur chemin et parvinrent à un village. Ils demandèrent l’hospitalité à ses habitants. Mais, ceux-ci refusèrent de les accueillir. Ils trouvèrent dans ce village un mur qui menaçait de s’écrouler ! D'un geste de la main Al-Khaḍir le remit en bon état ! Moïse lui demanda : " Pourquoi ne réclames-tu pas un salaire pour ton travail ? - Cela suffit maintenant ! Nous sommes arrivés à un point où nous devons nous séparer ! " Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : " Qu’Allah fasse miséricorde à Moïse ! Comme nous aurions aimé que Moïse patiente afin qu’il nous raconte leurs évènements ! " »
Rapporté par Al-Bukhârî et MuslimSaʽîd ibn Jubayr informa ibn ʽAbbâs qu’un dénommé Nawf ibn Al-Bakkâlî pretendait que le Moïse évoqué dans l’histoire avec Al-Khaḍir n’était pas le Moïse envoyé aux Banî Isrâ’îl, mais bien un autre. Ibn ʽAbbâs rétorqua : « Il a menti, l’ennemi d’Allah ! » Il a dit cela en tant que réprimande et avertissement et non pas pour dénigrer Nawf, car Ibn ʽAbbâs dit cela en état de colère, or les propos tenus dans cet état ne sont généralement pas à prendre au premier degré. Il l’a démenti, car il a tenu des propos non conformes à la réalité, mais cela ne signifie pas qu’il les ait prémédités. Puis, il argumenta son démenti de Nawf par le récit que Ubay ibn Kaʽb lui relata du Prophète (sur lui la paix et le salut) : Moïse s’adressait aux Banî Isrâ’îl, lorsqu’un homme l’interrogea : « Qui est l’homme le plus savant ? » Il répondit : « Je suis le plus savant des gens. » Moïse a dit cela en fonction de ce qu’il connaissait. Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, le blâma car il n’avait pas attribué la science à Allah en disant : " Allah est le plus savant ! " Allah, Exalté soit-Il, lui révéla alors que l'un de Ses serviteurs était plus savant que lui, qu'il se dénommait Al-Khaḍir et qu'il résidait à la jonction des deux mers. Moïse demanda : « Ô Seigneur ! Comment pourrais-je le trouver ? » Il lui répondit : « Emmène un poisson dans un récipient fabriqué à partir de feuilles de palmier et là où tu perdras le poisson, tu trouveras Al-Khaḍir. » Moïse se mit en marche avec l'un de ses disciples dénommé Yûshaʽ ibn Nûn. Ils transportèrent un poisson dans un récipient de feuilles de palmier, comme Allah le leur ordonna, et lorsqu’ils arrivèrent aux rochers du littoral marin, ils s’étendirent et s’endormirent. Lorsque le poisson sortit du récipient et prit son chemin dans la mer, Allah retint l’écoulement de l’eau, qui devint tel un pont au-dessus du poisson. La résurrection du poisson et l’arrêt de l’écoulement de l’eau pour qu’il devienne tel un chemin, furent cause d’étonnement pour Moïse et son disciple. Ils marchèrent le reste de la nuit et du jour et, au matin, Moïse demanda à son disciple de leur servir le déjeuner à cause de la fatigue rencontrée par leur déplacement récent. Moïse ne ressentit aucunement la fatigue durant tout son voyage, si ce n’est après avoir dépassé le lieu qui lui fut mentionné, où il ressentit alors la faim et la fatigue. Son disciple lui dit : « Lorsque nous étions au niveau des rochers, j’ai perdu le poisson. » Moïse lui a alors dit : « Telle est la chose que nous attendions, car elle est le signe de la découverte d’Al-Khaḍir. » Ils firent chemin arrière et revinrent sur leurs pas. Lorsqu’ils arrivèrent au rocher, ils trouvèrent un homme complètement recouvert d’un habit. Moïse le salua. Al-Khaḍir lui demanda : « Et comment se trouverait-il sur ta terre de la paix ? », c’est-à-dire : comment se trouverait-il sur mes terres la paix ? » C'est une question indiquant impossibilité [du fait énoncé] et qui prouve que les habitants de ces terres n’étaient pas musulmans à cette époque. Moïse dit à Al-Khaḍir : « Je suis Moïse. » Al-Khaḍir lui demanda : « Tu es Moïse qui a été envoyé aux Banî Isrâ’îl ? » Moïse répondit : « Oui. » Cela prouve que les Prophètes et tous ceux en-deçà d’eux ne connaissent de l’inconnu que ce qu'Allah, Exalté soit-Il, a bien voulu leur révéler, car si Al-Khaḍir connaissait l’inconnu, il aurait reconnu Moïse sans lui demander. Ce passage est la raison pour laquelle Ibn ʽAbbâs évoqua le hadith. Puis, Moïse lui demanda : « Puis-je te suivre afin que tu m’enseignes ce dont Allah t’a enseigné ? » Le fait d’apprendre ce qui ne relève pas des conditions relatives à la religion, ne remet pas en question le caractère prophétique de Moïse et le fait qu’il possède une législation. En effet, les Messagers devaient connaître mieux que ceux à qui ils étaient envoyés les questions relatives aux fondements et aux questions secondaires de la religion, et non pas toutes les choses. Al-Khaḍir répondit : « Tu ne pourras pas patienter à mes côtés, car je fais des choses qui sont en apparence condamnables, mais dont tu ne connais pas les raisons profondes. » Puis, il lui dit : « Ô Moïse ! Je possède des connaissances qu’Allah m’a enseignées et pas à toi, et toi tu possèdes des connaissances qu’Allah t’a enseignées et que je ne connais pas. » Moïse lui répondit : « Je patienterai à tes côtés, sans rien te reprocher et sans te désobéir. » Ils partirent en chemin sur le long du littoral marin car ils n’avaient pas de barque. Une barque passa à leur proximité et ils leur demandèrent de les transporter. Les propriétaires de la barque reconnurent Al-Khaḍir et les transportèrent sans contrepartie financière. Un oiseau se posa sur le bord de la barque et picora une ou deux fois dans la mer. Al-Khaḍir dit : « Ô Moïse ! Nous n’avons pris, toi et moi, du savoir d’Allah que ce que cet oiseau vient de prélever de la mer par son bec. » Puis, Al-Khaḍir retira l’une des planches de la barque au moyen d’un pic, et la barque ainsi percée, s’emplit d’eau. Moïse (sur lui la paix et le salut) a dit : « Ces gens nous ont transportés gratuitement et toi tu as percé leur embarcation afin de noyer ses propriétaires ! » Al-Khaḍir lui répondit en lui rappelant ses paroles passées : « N’ai-je pas dit que tu ne pourrais patienter à mes côtés ? » Moïse dit : « Ne me tiens pas rigueur pour mon oubli et ne m’accable pas, car cela rend pénible ton accompagnement ! » Ainsi, cette première erreur de la part de Moïse résulta d’un oubli. Après avoir quitté l’embarcation et continué leur chemin, ils virent un enfant jouer avec les autres enfants. Al-Khaḍir prit la tête de l’enfant et l’arracha de sa main. Moïse dit à Al-Khaḍir (sur lui la paix et le salut) : « As-tu tué une âme vierge de tout péché, et sans que nous l’ayons vue commettre un péché ou un meurtre nécessitant sa mise à mort ? » Al-Khaḍir lui répondit : « Ne t’ai-je pas dit que tu ne pourrais patienter à mes côtés ? » Cette fois-ci, il ajouta le pronom personnel : « te » [à sa question], afin d’accentuer le blâme. Et c’est pour cela que Sufyân ibn ʽUyaynah, qui est l’un des rapporteurs du hadith, conclut que ce blâme était plus intense, à cause du pronom personnel : « te ». Ils continuèrent leur route et arrivèrent dans une ville, dont les habitants refusèrent de les nourrir et de les inviter. Ils ne trouvèrent dans cette ville ni invitation, ni refuge. Cependant, ils y virent un mur qui était sur le point de s’écrouler, Al-Khaḍir fit un geste en sa direction et le mur se redressa. Moïse dit à Al-Khaḍir : « Tu es en droit de demander de l’argent pour cela, et cela nous aiderait dans notre voyage. » Al-Khaḍir dit à Moïse (sur lui la paix et le salut) : « Cette troisième remarque est la cause de notre séparation. » Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à Moïse ! Nous aurions tant aimé et espéré qu’il patiente, afin que nous puissions bénéficier davantage de la science et de la sagesse qu’ils partagèrent. »
Abû Yûnus Sulaym ibn Jubayr, l’affranchi d’Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) relate : « J’ai entendu Abû Hurayrah réciter le verset : {( Allah vous ordonne de rendre les dépôts à leur ayants-droits…)} jusqu’à {(… certes, Allah entend et voit.)} [Coran : 4/58]. Il a dit : « J’ai vu le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) poser son pouce sur son oreille et son index sur son œil. » Abû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) a dit : « J’ai vu le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) la réciter en posant ses deux doigts. »
Rapporté par Abû DâwudAbû Hurayrah (qu’Allah l’agrée) récitait le verset 58 de la sourate : Les Femmes (An-Nisâ’), qui termine par : {(Certes, Allah entend et voit !)} et il disait qu’il avait vu le Prophète (sur lui la paix et le salut) le réciter en posant son pouce sur son oreille et son index sur son œil, pour insister sur l’existence des attributs divins que sont la vue et l’ouïe et pour repousser les fausses interprétations. En outre, cela n’implique aucun anthropomorphisme, car Allah, Gloire et Pureté à Lui, a dit : {( Rien ne Lui ressemble et il est l’Oyant, le Clairvoyant.)} [Coran : 42/11] Et le fait d’avoir foi en tous les textes implique ce qui vient d’être dit.
Ibn ‘Abbâs (qu’Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Abraham (sur lui la paix et le salut) conduisit la mère d’Ismaël [Hâjar] et son fils Ismaël [Ismâ'îl], qu’elle allaitait encore, et les installa près de la Maison [la Ka’bah], sous un grand arbre à l’emplacement de la source de Zamzam, dans la partie la plus élevée de l’emplacement de la Mosquée. À ce époque-là, il n’y avait personne à La Mecque et il n’y avait pas d’eau. Il les installa donc en ce lieu, leur laissant un sac de dattes et une outre contenant de l’eau. Puis, Abraham rebroussa chemin. La mère d’Ismaël le suivit et lui demanda : " Ô Abraham ! Où vas-tu en nous laissant dans cette vallée déserte où il n’y a rien ? " Elle réitéra sa question à maintes reprises sans qu’elle n'obtienne de réponse ni qu’il ne se retourne vers elle. Finalement, elle lui demanda : " Allah t’a-t-il ordonné d’agir de la sorte ? - Oui, répondit-il - Alors, Il ne nous abandonnera pas ! " conclut-elle, et elle revint sereinement à sa place. Abraham (sur lui la paix et le salut) poursuivit sa route jusqu’à parvenir à Ath-Thaniyyah, d’où il ne pouvait être vu. Alors, il fit face à la Ka’bah, leva les mains et dit : {( Ô notre Seigneur ! J’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans agriculture, près de Ta Maison sacrée [« Al-Ka’ba »], Ô notre Seigneur ! Afin qu’ils accomplissent la prière. Fais donc que penchent vers eux les cœurs d’une partie des gens. Et nourris-les de fruits. Peut-être seront-ils reconnaissants. )} [Coran : 14/37]. La mère d'Ismaël allaita son fils tandis qu'elle buvait l’eau qu’Abraham lui avait laissée. Quand celle-ci s’épuisa et qu’ils eurent soif, son enfant commença à se tordre de douleur - ou il a dit : il se jeta à terre et donna des coups de pieds - Ne pouvant supporter la vue de son fils ainsi, elle partit. Elle grimpa alors sur Aṣ-Ṣafâ, le monticule le plus proche qu’elle trouva et d’où elle pouvait scruter la plaine du regard. Allait-elle apercevoir quelqu’un ? N’apercevant personne, elle descendit d'Aṣ-Ṣafâ jusqu’à parvenir dans la vallée, alors elle souleva le pan de sa robe et se mit à courir jusqu’à l’autre bout du vallon qu’elle atteignit à bout de souffle. Elle monta alors sur le mont Al-Marwah du haut duquel elle fixa à nouveau l’horizon mais sans y découvrir âme qui vive. Elle parcourut ainsi la distance entre les deux monticules à sept reprises. » Ibn ‘Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) a alors dit : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : " C’est pour cette raison que les gens vont et viennent entre Aṣ-Ṣafâ et Al-Marwah [au cours des rites du Pèlerinage et de la ‘Umrah]. Lorsqu’elle se trouva sur Al-Marwah, elle entendit une voix et se dit à elle-même : ' Tais-toi ! ' Elle tendit alors l’oreille et entendit à nouveau une voix, puis elle dit : ' Je t’ai entendu. As-tu à boire ? ' Soudain, à l’emplacement de Zamzam, elle vit un Ange en train de tâter le sol du talon - ou il a dit : de l’aile - jusqu’à ce que l’eau jaillisse. Alors, elle amoncela de la terre autour afin d’en faire un petit bassin [et de la confiner]. Elle a ensuite rempli son outre d’eau et chaque fois qu’elle puisait de l’eau, celle-ci jaillissait. " Et dans une version : " l’eau jaillissait à mesure qu’elle en puisait." » Ibn ‘Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) a dit : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : " Qu’Allah fasse miséricorde à la mère d’Ismaël ! Si elle avait laissé Zamzam - ou bien il a dit : Si elle n’avait pas puisé l’eau - elle serait aujourd’hui une source jaillissant à la surface ! " [Ibn ‘Abbâs] poursuit : " Elle but et allaita son fils. L’Ange lui dit : ' Ne craignez plus rien maintenant, car ici se trouve [l’emplacement de] la Maison d’Allah que cet enfant et son père construiront, et Allah n’abandonnera jamais ses habitants ! ' L’emplacement de [ce qui allait devenir] la Ka’bah était surélevé comme une colline de sorte que les torrents la contournaient par la droite ou la gauche sans la toucher. Venant par la route de Kadâ’, un groupe de gens de [la tribu de] Jurhum, arrivèrent. Ils campèrent en contrebas de La Mecque et virent un oiseau qui tournait autour de la source, ils se dirent : " On dirait que cet oiseau vole au-dessus d’un point d’eau, or nous connaissons bien cette vallée et il n’y a pas d’eau à cet endroit ! " Ils envoyèrent un ou deux hommes qui trouvèrent finalement l’eau et ils revinrent pour en informer le reste du groupe. Ils se rendirent alors à la source près de laquelle se trouvait la mère d’Ismaël et ils lui demandèrent : " Nous permets-tu de camper ici auprès de toi ? - Elle répondit : Oui ! Toutefois, vous n’avez aucun droit sur l’eau de la source ! " Ils acceptèrent en répondant par l’affirmative." » Ibn ‘Abbâs [qu’Allah l'agrée, lui et son père] a dit : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : " Leur venue soulagea la mère d’Ismaël car elle aimait la compagnie des gens." » Ils s’installèrent donc et firent venir leurs familles. L’endroit fut ainsi habité par plusieurs familles. Ismaël grandit et apprit l’arabe à leur contact. Il se distingua au point de susciter leur admiration. Quand il atteignit l’âge adulte, ils le marièrent à l’une de leurs femmes. La mère d’Ismaël mourut à cette époque. Après le mariage d’Ismaël, Abraham revint prendre des nouvelles de sa descendance mais il ne trouva pas Ismaël [qui était absent], il interrogea alors sa femme à propos de lui qui répondit : " Il est allé chercher de quoi subvenir à nos besoins " et, dans une autre version : " Il est allé chasser pour nous ramener à manger. " Ensuite, Abraham l’interrogea à propos de leur vie et de leur environnement. Elle répondit : " Nous vivons mal. Nous sommes dans le besoin et l’adversité ! " Et elle se plaignit auprès de lui. Abraham lui a alors dit : " Lorsque ton mari sera de retour, salue-le de ma part et dis-lui de changer le seuil de sa porte ! " De retour, Ismaël sentit quelque chose : " Quelqu’un est-il venu à vous ? demanda-t-il à son épouse. - Un vieil homme est en effet venu, répondit-elle en le décrivant. Il nous a interrogés sur toi et je l’ai informé. Il m’a demandé comment était notre vie et je lui ai répondu que nous vivions dans le besoin et l’adversité. - T’a-t-il enjoint quoi que ce soit ? - Oui, répondit-elle, il m’a ordonné de te transmettre son salut et de te dire de changer le seuil de ta porte. - C’est mon père, dit-il, et il vient de m’ordonner de me séparer de toi. Retourne chez ta famille ! " Il la divorça donc et se maria avec une autre femme [de la même tribu]. Abraham s’absenta le temps qu’Allah voulut puis il revint les voir mais sans trouver son fils. Il entra alors chez lui et s’enquit de lui auprès de sa femme qui lui répondit : " Il est allé chercher de quoi subvenir à nos besoins. - Il demanda : Comment vivez-vous ? Puis, il l’interrogea à propos de leur vie et de leur environnement. - Elle répondit : Nous sommes heureux et vivons dans l’aisance ! et elle loua Allah. - Que mangez-vous ? Demanda Abraham. - De la viande, répondit-elle. - Que buvez-vous ? - De l’eau, dit-elle. - Ô Allah ! Bénis leur viande et leur eau ! " implora Abraham. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) ajouta : « À ce moment-là, ils n’avaient pas de grains. S’ils en avaient eu, il aurait aussi invoqué pour eux à ce sujet. » Il dit : " C’est pour cela que personne, en dehors des habitants de La Mecque, ne peut se contenter de vivre de viande et d’eau sans en être affecté. " Et, dans une autre version, dès son arrivée, Abraham demanda : " Où est Ismaël ? - Il est allé à la chasse, répondit sa femme en l’invitant à boire et à manger. - Que mangez-vous et que buvez-vous ?, interrogea Abraham. - Nous mangeons de la viande et nous buvons de l’eau, répondit-elle. - Ô Allah ! Bénis leur nourriture et leur boisson ! " implora Abraham. Il a dit : Abû-l-Qâsim (sur lui la paix et le salut) a dit : « Ceci est la bénédiction due à l’invocation d’Abraham ! » Abraham dit : " Lorsque ton mari sera de retour, salue-le de ma part et dis-lui de garder le seuil de sa porte ! " Quand Ismaël revint, il demanda à son épouse si quelqu’un leur avait rendu visite. Elle répondit qu’un vieil homme à la belle allure était en effet venu pendant son absence. Elle fit son éloge, et précisa qu’il lui avait demandé de ses nouvelles et l’avait questionnée sur leur situation ? Elle poursuivit : " Je l’ai informé que nous vivions pour le mieux. - T’a-t-il enjoint quoi que ce soit ? - Oui, répondit-elle, il m’a demandé de te transmettre son salut et il t’ordonne de garder le seuil de ta porte. - C’est mon père, dit Ismaël et tu es le seuil qu’il m’a ordonné de garder. " Abraham les quitta le temps qu’Allah voulut puis revint chez eux. Ismaël était en train de confectionner des flèches sous un grand arbre près de Zamzam. En le voyant, il se leva et l’accueillit comme un fils accueille son père et comme un père agit avec son fils. Abraham lui dit : " Ô Ismaël ! Allah m’a [confié et] ordonné une mission. - Accomplis donc l’ordre de ton Seigneur ! dit Ismaël - M’aideras-tu ? demanda Abraham. - Oui, je t’aiderai, répondit le fils. - Allah m’a ordonné de construire une Maison à cet endroit, dit-il, en indiquant un monticule surplombant les alentours. Il se mit alors à élever les fondations de la Maison [sacrée]. Ismaël apportait les pierres et Abraham construisait l’édifice. Lorsqu’il fut trop haut, Ismaël apporta cette fameuse pierre [appelée aujourd'hui : la station d’Abraham] qu’il posa pour son père et sur laquelle Abraham monta afin d'achever la construction alors qu’Ismaël lui tendait les pierres. Et tous deux invoquaient Allah en ces termes : {( Notre Seigneur, accepte ceci de notre part ! Tu es certes Celui qui entend tout, Celui qui sait tout. )} [Coran : 2/127]. Et dans une [autre] version : " Abraham sortit avec Ismaël et sa mère [Hajar], emportant avec eux une vieille outre remplie d’eau. La mère d’Ismaël en buvait et cela lui permettait d'allaiter son bébé. Arrivé à La Mecque, Abraham les laissa sous un grand arbre avant de regagner sa famille. La mère d’Ismaël le suivit pour finalement le rattraper à Kadâ. Elle l’interpella alors qu'il était de dos : " Ô Abraham ! À qui nous abandonnes-tu ? - À Allah ! répondit-il. - Elle s’exclama alors : J’agrée Allah ! " Ensuite, elle revint sur ses pas et se mit à boire [de l’eau] de l’outre ce qui lui permit d’allaiter son fils. Puis, lorsque l’eau s’épuisa, elle se dit : " Si j’allais voir aux alentours, peut-être verrais-je quelqu’un ? ". Elle grimpa alors sur [le mont] Aṣ-Ṣafâ, scrutant sans cesse l’horizon dans l’espoir de voir quelqu’un, mais en vain. Arrivée dans la vallée, elle se mit à courir jusqu’au mont Al-Marwah. Elle parcourut ainsi à plusieurs reprises la distance séparant les deux monticules avant de se dire : " Si j’allais voir ce qu’il est advenu de mon enfant. " Elle se rendit auprès de lui et le trouva dans le même état, râlant comme un mourant. Ne pouvant supporter de le voir ainsi, elle se dit : " Si j’allais voir aux alentours, peut-être trouverais-je quelqu’un ? " Elle grimpa de nouveau sur [le mont] Aṣ-Ṣafâ, scrutant sans cesse l’horizon, mais sans apercevoir âme qui vive. Elle parcourut ainsi la distance entre les deux monticules jusqu’à compléter sept va-et-vient, avant de se dire à nouveau : " Si j’allais voir comment il va ! " Mais, soudain, elle entendit une voix qu’elle interpella ainsi : " Sauve-nous s’il y a quelque bien en toi ! " Il s’agissait de l'Ange Gabriel [Jibrîl], sur lui la paix. Il a alors dit : " Ainsi, avec ton talon ! " et il enfonçait son talon dans le sol. Alors, l’’eau se mit à jaillir et la mère d’Ismaël fut stupéfaite. Elle se mit alors à puiser l’eau à l’aide de ses mains... " Et il cita le hadîth en entier. »
Rapporté par Al-BûkhârîIbn ‘Abbas (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Abraham (sur lui la paix et le salut) est venu avec la mère d’Ismaël, Hâjar la copte - celle que le roi d’Égypte avait donné [en présent] à sa femme Sarah - et son fils Ismaël [Isma'îl] qu’elle allaitait encore et il les a installés près de la Ka’bah, auprès d’un grand arbre bien établi, au-dessus de la source de Zamzam, dans la partie la plus élevée de l’emplacement de la Mosquée. À cette époque-là, il n’y avait personne à La Mecque et il n’y avait pas d’eau. Il les installa donc là et il laissa auprès d’eux un sac en peau contenant des dattes et une outre dans laquelle il y avait de l’eau. Ensuite, Abraham s’en retourna en repartant vers le Cham. La mère d’Ismaël le suivit et lui demanda : " Ô Abraham ! Où vas-tu en nous laissant dans cette vallée déserte où il n’y a personne ni rien à manger et à boire ? " Elle lui répéta cela à maintes reprises sans qu’il ne se retourne vers elle. Plutôt, il poursuivit son chemin, alors [finalement] elle lui demanda : " Allah t’a-t-Il ordonné cela ? - Oui, répondit-il. - Alors, Il ne nous abandonnera pas ! " répliqua-t-elle. Sur ce, elle revint [sereinement] vers son fils. Abraham (sur lui la paix et le salut) partit donc jusqu’à parvenir à Ath-Thaniyyah, près d’Al-Hujûn, d’où il ne pouvait être vu. Là, il tourna son visage en direction de la Maison [Sacrée, la Ka'bah]. Ensuite, il leva ses mains et invoqua [Allah] en disant : {( Ô notre Seigneur ! J’ai établi une partie de ma descendance )}, certains d’entre eux {( dans une vallée sans agriculture )}, qui désigne La Mecque. Et le fait qu’elle soit ainsi vise à parfaire le fait de s'y consacrer pleinement à l’adoration [d’Allah] {( près de Ta Maison sacrée [« Al-Ka’bah »] )}, celle où il est interdit de chasser, de couper les arbres et de combattre. {( Ô notre Seigneur ! Afin qu’ils accomplissent la prière )} à La Mecque, {( Fais donc que penchent vers eux les cœurs d’une partie des gens )}, c’est-à-dire : que les cœurs des gens se dirigent vers eux par désir intense, {( Et nourris-les de fruits ! Peut-être seront-ils reconnaissants. )} vis-à-vis de ton bienfait envers eux [Coran : 14/37]. Et Allah a exaucé l’invocation d’Abraham. La mère d'Ismaël allaita son fils en buvant l’eau qu’elle avait et mangea les dattes qu’elle possédait jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus et que l’eau de l’outre s’épuise. Alors, elle eut soif et son fils aussi. Elle le regardait se tordre de douleur, ou se rouler dans la terre et la frapper lui-même. Alors, ne pouvant supporter de le voir ainsi, elle partit et le laissa en l'état. Elle trouva que Aṣ-Ṣafâ était le monticule le plus proche d’elle, alors elle le gravit puis se tourna en direction de La Mecque afin observer si elle apercevait quelqu’un. Lorsqu’elle parvint au creux de la vallée, l'abaissement du terrain l’empêcha d’aller plus loin. En effet, si elle continuait, elle perdrait son fils de vue et elle avait peur pour lui. Alors, elle se dépêcha et courut si vite que cela lui fut pénible. Elle arriva à Marwah, c’est-à-dire : après avoir terminé sa course et être revenue à la [marche] normale avant de parvenir dans la vallée. Là, elle regarda [de nouveau] si elle apercevait quelqu’un. Mais elle ne vit personne [à l’horizon]. Et elle fit cela sept fois." Ibn ‘Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) a alors dit : " Le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : " C’est pour cette raison que les gens vont et viennent entre eux deux [c’est-à-dire : Aṣ-Ṣafâ et Marwah] ! " Lorsqu’elle se trouva sur Al-Marwah, elle entendit une voix et se dit à elle-même : " Tais-toi ! " Elle intimait par-là le silence à sa personne. Ensuite, elle tendit l’oreille et entendit à nouveau une voix ; elle dit alors : " Je t’ai entendu, donne-moi donc à boire ! " L'Ange Gabriel [Jibrîl], sur lui la paix, qui apparut alors à l’emplacement [de la source] de Zamzam, tâtait avec son talon, c’est-à-dire : l’extrémité de son pied, - ou il a dit : de son aile - jusqu’à ce que l’eau jaillisse. De là, elle fit en sorte d’en faire un petit bassin [afin de la confiner]. Ensuite, elle remplit son outre d’eau et chaque fois qu’elle puisait de l’eau, celle-ci jaillissait avec force." Et dans une version : " l’eau jaillissait à mesure qu’elle en puisait." Ibn ‘Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) a dit : le Prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Qu’Allah fasse miséricorde à la mère d’Ismaël, si elle n’avait pas confiné l’eau, alors [la source de] Zamzam serait une source jaillissante ! » C’est-à-dire : elle coulerait [à flot] à la surface de la terre. [Ibn ‘Abbâs] poursuit : " Elle but et allaita son enfant. L’Ange lui dit alors : " Ne craignez plus la perte, car ici se trouve [l’emplacement de] la Maison d’Allah que cet enfant et son père construiront, et Allah n’abandonnera jamais ses habitants ! " L’emplacement de la Maison était surélevé, comme une colline par rapport à la surface de la terre, et lorsque les torrents arrivaient, ils la contournaient par sa droite et par sa gauche de sorte qu'ils ne la noyaient pas. Hajar resta ainsi jusqu’à ce qu’un groupe de gens de la tribu de Jurhum passa près d’elle en étant venus par la route de Kadâ’. Ils campèrent en contrebas de La Mecque et virent un oiseau qui tournait dans le ciel, ils se dirent alors : " Cet oiseau doit tourner au-dessus d’un point d’eau, or nous connaissons bien cette vallée et il n’y a pas d’eau à cet endroit ! " Ils envoyèrent donc un émissaire ou deux afin de s’informer. Ils trouvèrent finalement de l’eau et revinrent pour en informer [le reste du groupe]. Ils se rendirent alors à la source près de laquelle se trouvait la mère d’Ismaël et lui demandèrent : " Nous permets-tu de camper ici auprès de toi ? - Elle répondit : Oui. Toutefois, vous n’avez aucun droit sur l’eau de la source ! " C’est-à-dire : le droit à cette source m’est uniquement réservé, si je le veux je vous en accorde, sinon, je vous en en prive. Ils répondirent par l’affirmative et la mère d’Ismaël fut d’accord. En effet, elle aimait la compagnie des gens et répugnait la solitude. Ils s’installèrent donc, appelèrent leurs familles et celles-ci vinrent s’installer avec eux. Ils se rassemblèrent, se multiplièrent et Ismaël grandit et apprit l’arabe auprès d’eux. Ils éprouvèrent beaucoup d'affection pour lui et il finit par susciter leur admiration. Cela perdura jusqu’à ce qu’il grandisse et atteigne l’âge adulte. Ainsi, lorsqu’il devint pubère, ils le marièrent à l’une de leurs femmes. La mère d’Ismaël mourut à cette époque. Après le mariage d’Ismaël, Abraham vint s’enquérir de sa situation depuis qu’il l’avait laissé. Mais il ne trouva pas Ismaël [qui était absent], il interrogea alors sa femme pour savoir où il était. Elle lui répondit : " Il est allé chercher de quoi subvenir à nos besoins en partant à la chasse. " Ensuite, il l’interrogea à propos de leur vie, notamment leur nourriture et leur boisson, et leur situation [de manière générale]. Elle répondit : " Nous vivons mal et nous menons une vie dans la gêne et l’adversité ! " Et elle se plaignit auprès de lui. Lorsqu’il vit un tel agacement et un tel malaise [de sa part] vis à vis de ce par quoi Allah, Exalté soit-Il, l’avait éprouvée et qui n'était en fait qu'un moyen de l'augmenter en degrés [auprès de Lui], il craignit que son état se propage à son fils. Il lui ordonna donc de se séparer d’elle. Pour ce faire, Abraham dit : " Lorsque ton mari reviendra, transmet-lui mon salut et dis-lui de changer le seuil de sa porte ! " C'est là une allusion au divorce de sa femme, car la femme est attachée à la demeure comme le seuil de la porte est attaché à la maison. Donc, lorsqu’Ismaël revint de la chasse, c’est comme s’il avait pressenti quelque chose. Il demanda : " Quelqu’un est-il venu à vous ? - Elle répondit : Oui, un vieil homme est en effet venu à nous et il était ainsi. Il nous a interrogés à ton sujet et je l’ai informé. Il m’a demandé comment était notre vie et je l’ai informé que nous vivions dans la difficulté et l’adversité. - Il demanda : T’a-t-il enjoint quoi que ce soit ? - Oui, répondit-elle, il m’a ordonné de te saluer et il te dit de changer le seuil de ta porte ! - C’est mon père ! a-t-il dit, et il vient de m’ordonner de changer le seuil de ma porte, à savoir : de me séparer de toi. Retourne donc chez ta famille ! " Ceci fait partie des allusions afin de signifier le divorce, toutefois Ismaël l’a proclamé de vive voix et le divorce était donc effectif. Ensuite, il se maria avec une autre femme de la même tribu. Abraham s’absenta le temps qu’Allah voulut, puis il revint les voir mais il ne trouva [toujours] pas Ismaël. Il entra alors auprès de sa femme et s’enquit à propos de lui. Celle-ci répondit : " Il est sorti afin d’aller nous chercher de quoi subvenir à nos besoins - et dans une [autre] version, sa femme dit : Pourquoi ne restez-vous donc pas afin de manger et de boire ? - Il demanda : Comment vivez-vous ? " Puis, il l’interrogea à propos de leur vie et de leur situation. Alors elle répondit : " Nous vivons bien et nous sommes dans l’aisance ! " Et elle loua Allah, Exalté soit-Il. - Quelle est votre nourriture ? demanda Abraham. - De la viande ! répondit-elle. - Quelle est votre boisson ? poursuivit-il. - De l’eau de Zamzam ou autre parmi les eaux, comme l’eau de pluie, répondit-elle. Abraham invoqua alors : Ô Allah ! Bénis-les dans leur viande et leur eau ! " Le Prophète (sur lui la paix et le salut) ajouta : " À ce moment-là, ils n’avaient aucune variété de grains. S’ils en avaient eus, il aurait imploré Allah de les leur bénir également ! " Cela afin qu’à travers son invocation la bénédiction englobe tout. Ibn ‘Abbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) dit alors : " C’est pour cela que personne, en dehors des habitants de La Mecque, ne peut se contenter de vivre de viande et d’eau sans en être affecté et se plaindre de l’estomac. " [Après avoir invoqué] Abraham dit : " Lorsque ton mari reviendra de la chasse, transmet-lui le salut [de ma part] et dis-lui de bien garder le seuil de sa porte ! " Quand Ismaël revint de la chasse, c’est comme s’il avait pressenti quelque chose - comme ce qui a été rapporté dans une version dans laquelle il sentit l’odeur de son père - il s'enquit donc : " Est-ce que quelqu’un est venu à vous ? - Elle répondit : Oui, un vieil homme à la belle allure ! " Elle fit alors son éloge en évoquant certains de ses traits de perfection. " Il m’a interrogé à ton sujet, alors je l’ai informé. Il m’a aussi demandé comment était notre vie, alors je l’ai informé que nous vivions bien. " [Ismaël] demanda : " T’a-t-il enjoint quoi que ce soit ? - Oui, répondit-elle, il te transmet le salut et t’ordonne de bien garder le seuil de ta porte ! - C’est mon père, dit Ismaël, et tu es le seuil qu’il m’a ordonné de bien garder ! " Abraham les quitta le temps qu’Allah voulut, puis il revint après cela. Ismaël était en train de confectionner une flèche avant de monter sa pointe dessus. Il était sous un grand arbre près [de la source] de Zamzam. Lorsqu’il vit son père, il se leva et l’accueillit comme un fils accueille son père et ce dernier agit à son égard comme un père agit avec son fils, c’est-à-dire qu'il y eut, entre-eux, accolades et serrage de mains. Abraham lui dit alors : " Ô Ismaël ! Certes Allah, Exalté soit-Il, m’a ordonné d'accomplir quelque chose ! - Ismaël répondit : Accomplis donc ce que ton Seigneur t’a ordonné ! - Abraham demanda : M’aideras-tu ? - Ismaël répondit : Oui, je t’aiderai ! - Abraham a dit : Allah, Exalté soit-Il, m’a ordonné de construire une Maison à cet endroit. " Et sa parole : " à cet endroit " indiquait une colline. Il a [aussi] été dit qu'il s'agissait d'un endroit aux alentours, surélevé par rapport à la surface de la terre de telle sorte que les torrents ne pouvaient la recouvrir. A ce moment-là donc, Abraham se mit à élever les fondations de la Maison [sacrée] puis à construire sur elles. Ismaël apportait les pierres et Abraham descendait pour prendre les pierres des mains d’Ismaël. Ensuite, il les levait et les posait à l’endroit de la construction, et cela jusqu’à ce que l’édifice s’éleva. A ce moment là, il vint avec la pierre [appelée aujourd'hui : la station d’Abraham]. Lorsqu’il parvint à l’endroit où il y avait le pilier, il y laissa ce jour-là son empreinte et fit en sorte que la Station soit en contact avec la Maison. Ainsi, Abraham construisait l’édifice et Ismaël lui fournissait les pierres, et tous les disaient : {( Notre Seigneur ! Accepte ceci de notre part ! )} La construction de la Maison. {( Certes, Tu es Celui qui entend tout )} [y compris] notre invocation. {(Celui qui sait tout )} (y compris où nous en sommes de] la construction de la Maison. [Coran : 2/127-128]. Et dans sa parole : " Il apprit la langue arabe ", il y a une preuve solide de la prééminence et de la préséance de la langue arabe ainsi que ce qui indique qu'elle était [déjà] présente avant Abraham (sur lui la paix). Toutefois, Ismaël est le premier à s’être exprimé en langue arabe claire, comme indiqué dans le hadith : " Le premier à s'être exprimé [littéralement : à avoir décousu sa langue] en langue arabe claire est Ismaël, alors qu’il n’avait que quatorze ans ! " Rapporté par Ash-Shîrâzî dans [son livre] : « Al-Alqâb » et déclaré authentique par Sheikh Al-Albânî.
Abû Sulaymân Khâlid ibn Al-Walîd (qu’Allah l'agrée) à dit : « Neuf sabres se sont brisés entre mes mains, à la bataille de Mu’tah, et je n’avais plus pour me battre qu’une épée yéménite ! »
Rapporté par Al-BûkhârîKhâlid ibn Al-Walîd (qu’Allah l’agrée), le cavalier de l’Islam, le lion des batailles et le meneur des combattants, était parmi les nobles de Quraysh à l’époque préislamique et il embrassa l’Islam avant la conquête de La Mecque. En effet, il faisait partie de l’armée des polythéistes de Quraysh lors de la bataille d’Uḥud, puis il se convertit à l’Islam. Cela prouve clairement la parfaite puissance d’Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, et que les affaires de crise sont dans Sa Main, de même qu’Il égare qui Il veut et guide qui Il veut. Dans ce hadith, Khâlid ibn Al-Walîd (qu’Allah l’agrée) informe du fait que neuf sabres se sont brisés entre ses mains à la bataille de Mu’tah, et cela démontre sa bravoure, qu’Allah soit satisfait de lui.
Abû Mas’ûd Al-Badrî (qu’Allah l’agrée) a dit : « Je fouettais l’un de mes esclaves lorsque j’entendis une voix dans mon dos : " Sache Abâ Mas’ûd ! " Mais à cause de la colère, je ne reconnus pas la voix. Quand la personne s’approcha de moi, je m’aperçus qu’il s’agissait du Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) qui disait : " Sache Abâ Mas’ûd qu’Allah a plus de pouvoir sur toi que toi sur cet esclave ! - Je répondis alors : Dorénavant, je ne frapperai plus jamais aucun esclave ! " » Dans une autre version : « Le fouet me tomba des mains en raison de la crainte que le Prophète (sur lui la paix et le salut) m’inspira. » Et dans une autre version : « J’ai dit : " Ô Messager d’Allah ! Il est libre pour le Visage d’Allah, Exalté soit-Il ! - Il dit alors : Si tu ne l’avais pas fait, le Feu t’aurait brûlé ! - ou : le Feu t’aurait touché ! " »
Rapporté par MuslimAbû Mas῾ûd Al-Badrî (qu’Allah l’agrée) fouettait l'un de ses esclaves lorsqu'il entendit une voix dans son dos le menacer. Il ne put reconnaître la voix de son interlocuteur, mais lorsque celui-ci s’approcha de lui, il s’aperçut qu’il s’agissait de la voix du Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) qui lui rappelait la puissance d’Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, en lui disant : « Sache Abâ Mas’ûd, qu’Allah a plus de pouvoir sur toi que toi sur cet esclave ! » Lorsqu’il entendit les paroles du Prophète (sur lui la paix et le salut) et sa mise en garde contre l’oppression envers le faible, son fouet tomba aussitôt de sa main en raison de la crainte que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) lui inspirait et il lui promit que, dorénavant, il ne frapperait plus jamais aucun esclave. Et après avoir entendu les réprimandes et les mises en garde du Prophète (sur lui la paix et le salut), il ne put s’empêcher d’affranchir son esclave comme expiation du fait de l’avoir frappé. Le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui dit alors : « Si tu ne l’avais pas affranchi, le feu t’aurait touché le Jour de la Résurrection à cause de ton mauvais acte ! »
‘Abdullah ibn Ja'far (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate : « Le Prophète (sur lui la paix et le salut) accorda un répit de trois jours à la famille de Ja'far. Ensuite, il vint les voir et leur dit : " Ne pleurez plus sur mon frère après ce jour ! " Puis, il ajouta : " Faites venir les fils de mon frère ! " On nous fit venir devant lui et nous étions comme des oisillons. Il a alors dit : " Faites venir le coiffeur ! " et il lui ordonna de nous raser la tête. »
Rapporté par An-Nassâ'î - Rapporté par Abû Dâwud - Rapporté par AḥmadSignification du hadith : Après la mort en martyr de Ja'far ibn Abî Ṭâlib (qu'Allah l'agrée) lors de la bataille de Mu'tah, le Prophète (sur lui la paix et le salut) accorda à la famille de Ja'far un répit de trois jours afin de permettre à leurs âmes de se consoler et de laisser se dissiper leur tristesse et leur chagrin. Après ce délai, il vint leur rendre visite et leur dit : « Ne pleurez plus sur mon frère après ce jour ! » C’est-à-dire : Il leur a interdit de pleurer au-delà de trois jours car la durée du choc initial du deuil ainsi que la période de tristesse ne doit pas se prolonger ni perdurer après ce laps de temps. Ici, l'interdiction est une interdiction par élévation d’âme étant donné la permission de pouvoir pleurer au-delà de trois jours, à condition qu'un acte illicite n'accompagne pas les pleurs. Ensuite, il a dit : « Faites venir les fils de mon frère ! » Il s'agissait de : Muḥammad, ‘Abdullah et 'Awf. Ils étaient tous les enfants de J’afar. ‘Abdullah a alors dit : « On nous fit venir devant lui et nous étions comme des oisillons ». L’oisillon est le petit de l’oiseau. En effet, ils étaient comparables à des oisillons en raison de l'état de tristesse qui les avait envahis à la suite de la perte de leur père. « Il a alors dit : " Faites venir le coiffeur ! " et il lui ordonna de nous raser la tête. » C’est-à-dire : le Prophète (sur lui la paix et le salut) ordonna qu'on leur rase leurs cheveux après avoir constaté que leur mère Asmâ’ bint ‘Umays (qu’Allah l’agrée) n’avait pu trouver le temps de les coiffer, accablée qu’elle était par la mort de son époux dans la voie d’Allah. En voyant la saleté et les poux dans leurs cheveux, il s’apitoya sur leur sort. Et le fait de les avoir rasés constitua un bénéfice, un intérêt et un apaisement pour leur mère qui était préoccupée par son malheur au point de ne plus pouvoir s’occuper des cheveux de ses enfants. Remarque : Il est bien connu qu’il n’est pas permis de se raser les cheveux en cas de malheur. En effet, dans un hadith, il est rapporté que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a maudit « Aṣ-Ṣâliqah, Al-Ḥâliqah et Ash-Shâqqah. » « Al-Ḥâliqah » est la femme qui rase ses cheveux lorsqu'elle est touchée par un malheur. « Ash-Shâqqah » est celle qui déchire son vêtement lorsqu'elle est touchée par un malheur. « Aṣ-Ṣâliqah » est celle qui élève sa voix lorsqu'elle est touchée par un malheur. Ainsi, le rasage des cheveux des enfants de Ja’far (qu’Allah l’agrée) n’est pas un signe de protestation face à sa mort. En effet, l’objectif de ce rasage des cheveux des enfants de Ja’far après sa mort (qu’Allah, Exalté soit-Il, l’agrée) est que leur mère était préoccupée et ne pouvait prendre soin de l'entretien de la chevelure de ses enfants. Le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) craignit donc que les poux n’envahissent leurs cheveux et il ordonna alors de raser leurs têtes. Ce rasage n’avait donc pas pour cause le malheur qui les avait touchés.